SYLVIE ESTEVES
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L'écriture française au service de la culture

L'Écritoire de Sylesna, situé non loin de Toulouse, met l'écriture française au service de la culture, et plus particulièrement de la peinture, en dévoilant par la poésie sa propre vision des œuvres de Picasso ou de Goya.

Guernica, des mots pour le dire

Guernica,  des mots pour le direLes têtes fuyantes portées par une gorge démesurée
Tunnel sombre et encombré où les cris
Errent à la recherche d'une issue
S'étirent vers le couvercle sans étoile
D'un immense cercueil déjà refermé.
Les visages défaits par la peur voleuse de sens
Aux yeux asymétriques d'avoir vu le chaos
À l'ouïe insignifiante assourdie par les éclats de poussière
Aux bouches hurlant dans le silence de la veillée
Cachent les larmes qui coulent à l'intérieur.
Les êtres blancs lumineux bravant tranchant
L'obscurité de leur innocence
À moins qu'ils ne soient pâles à force d'effroi
À moins qu'ils ne soient déjà des fantômes
Eclairent le monde sur l'horreur de l'erreur.
Les formes aiguisées sans vie lames menaçantes
Pour les têtes aussi rondes que la Terre
Qu'un ventre plein
Révèlent de leur corps triangulaire
La force de l'arme qui fauche les destins.
Et l'enfant sacrifié qui seul ne lutte plus
Tenu par sa mère en cris aux seins inutiles
Gît comme une offrande à la nation blessée
Qui râle sa douleur
Et fige, debout, les promesses de la Résistance.

Guernica, des mots pour le dire, Sylesna, février 2005

El tres des Mayo, des mots pour le dire

El  tres des Mayo, des mots pour le direFusil au poing courbant l'échine
Dépourvus d'expressivité
Visages absents pas occultés
Par la capuche mais absents
Sans identité ressemblants
Sans humanité tous conformes
Tels des automates dressés
Pour tomber le vil espagnol
Se perdant obscur dans le noir
Courbés par la lourdeur de l'arme
De la honte aussi concentrés
Sur le condamné madrilène
Son pauvre habit éblouissant
Lumineux son appel au ciel
Qui le hisse et déjà lui offre
Les ailes de la mort martyre
Et si implorant son regard
Qu'il centre sur lui l'attention
Même celle des armes prêtes
À résonner d'une harmonie
Froide sous le souffle de l'hiver
Noire par la poudre de l'enfer
Les yeux des compagnons de route
Figés parce qu'ils voient déjà
Se peindre à nouveau le tableau
Pour eux cette fois insurgés
Condamnés leurs yeux vers le ciel
Leurs corps si blancs cibles nouvelles
Des capes et des fusils sans tête.

El tres de Mayo, des mots pour le dire, Sylesna, 13 mars 2005

Si blanche est la page

Si  blanche est la pageSi blanche est la page que l'on voit s'animer
Dans un angle les ombres du combat
Que les doigts impatients livrent contre la plume
Trop longtemps silencieuse et tenue loin des mots.
Leurs petits mouvements inutiles cadencés
Découvrent à nos yeux surpris les soubresauts
Invisibles de l'âme germes créatifs
Effaceurs de routine et faiseurs de miracles.
Libérées les images volent sans retour
Vers des voies qui chavirent et le cœur et l'esprit
Et muent le réel en muse Fantaisie
Par l'alchimie de la pensée et du désir.
Célébrée la musique sans corde ni bois
Fait vibrer ses seuls mots en de riches échos
Et offre aux sons des rues de rares mélodies
Qui envoûtent les sens et soutiennent le sens.
Invités les écarts du langage éprouvé
Etonnés d'élever la magie du propos
Déambulent le verbe et recréent la tournure
Au gré du souffle impie de la muse rebelle.
Si le jeu sur le je a gardé le dessus
Pour que seule la page ombragée d'écriture
Et tâchée de ratures illumine les yeux
Les lettres déploieront leurs ailes messagères.

Si blanche est la page, Sylesna, mars 2005

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